Centre du Sommeil

 Source: Améli Santé

 I. Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?

L’apnée du sommeil ou, plus précisément, le syndrome des apnées obstructives du sommeil (SAOS), appelée aussi  syndrome des apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) se caractérise par la survenue d’obstructions fréquentes, complètes ou partielles des conduits respiratoires de l’arrière-gorge, durant le sommeil.
Ces obstructions sont responsables d’interruptions (apnées) ou de réductions (hypopnées) de la respiration. Elles entraînent des pauses de respiration pouvant durer de 10 à 30 secondes, voire plus, et se répéter une centaine de fois par nuit. Cela provoque un manque en oxygène. Le cerveau va réagir et réveiller la personne pour qu’elle puisse reprendre sa respiration. Ces éveils sont de courte durée : on parle de « micro-éveils ». Le sommeil est saccadé et de mauvaise qualité. Il en résulte une somnolence et des endormissements incontrôlables pendant la journée.

Les facteurs favorisant l’apnée du sommeil

Les facteurs qui rétrécissent les voies aériennes supérieures et empêchent leur bon fonctionnement peuvent favoriser l’apnée du sommeil. Il peut s’agir :

  • d’un surpoids (de loin, la cause la plus importante) car il entraîne des dépôts de graisse dans l’arrière-gorge ;
  • de l’âge (45 à 64 ans) ;
  • du sexe : les hommes sont plus exposés ;
  • d’une obstruction nasale plus ou moins permanente, conséquence d’antécédents ORL (oto-rhino-laryngologie), chirurgicaux, allergiques, etc. ;
  • des particularités génétiques de taille et de position de la mâchoire, de la langue et du palais (luette, amygdales, base de la langue, etc.) ;
  • de l’alcool, des sédatifs et du tabac qui peuvent aggraver les symptômes.

 En France, chez les adultes, l’apnée du sommeil touche :  2 % des femmes et 4 à 5 % des hommes.

Plus de 90 % des personnes atteintes d’apnée du sommeil ronflent,

mais seulement 10 % des ronfleurs ont un syndrome d’apnée du sommeil.

II. Les symptômes de l’apnée du sommeil

L’apnée du sommeil va retentir sur vos activités quotidiennes. Sans une bonne qualité de sommeil, vous ne pouvez pas être efficace, que vous soyez chez vous, au travail ou en collectivité. Vous somnolez pendant la journée et vous avez des difficultés à vous concentrer. Le taux d’accidents de voiture est sept fois plus élevé chez les personnes présentant une apnée du sommeil que chez les autres. L’hypersomnolence est responsable de 10 % des accidents de la route

Les symptômes de l’apnée du sommeil apparaissent pendant la nuit et ont un impact important sur la journée.

Au cours de la nuit, les symptômes se manifestent par :

  • des épisodes d’étouffement, de respiration haletante ou de ronflements pendant le sommeil ;
  • un sommeil agité, entrecoupé de micro-éveils à répétition, non réparateur et pouvant s’accompagner du besoin d’uriner ;
  • une reprise de respiration bruyante.

Pendant la journée, les symptômes se manifestent par :

III. Comment se fait le diagnostic d’apnée du sommeil?

Le diagnostic de l’apnée du sommeil par un enregistrement du sommeil :

Dans notre centre du sommeil nous préconisons la réalisation d’une polygraphie respiratoire nocturne

La polygraphie respiratoire nocturne : elle enregistre l’électrocardiogramme, les mouvements respiratoires et le débit d’air entrant et sortant par les narines. Elle nécessite un enregistrement qui dure au moins six heures, à domicile.

L’importance de l’apnée du sommeil se mesure au nombre d’apnées/hypopnées par heure de sommeil (IAH ou indice d’apnées/hypopnées) :

        Entre 5 et 15, l’apnée du sommeil est légère.

        Entre 16 et 30, l’apnée du sommeil est modérée.

        Si l’IAH est supérieur à 30, l’apnée du sommeil est sévère.

IV. Comment peut évoluer l’apnée du sommeil ?

Certains facteurs aggravent le syndrome d’apnée du sommeil, mais en sont aussi les conséquences. On parle de comorbidité (présence d’un ou de plusieurs troubles associés à une maladie).

L’impact socio-économique

Une somnolence excessive pendant la journée est responsable d’accidents du travail, de la vie domestique et de la route.

V. Quels sont les traitements de l’apnée du sommeil ?

 A. Que pouvez-vous faire à votre niveau ?

Le suivi de mesures hygiéno-diététiques constitue un premier traitement indispensable de l’apnée du sommeil. Dans les formes légères, cela peut suffire.

Ces mesures consistent à :

  • perdre du poids ;
  • supprimer l’alcool, le tabac, les drogues et les anxiolytiques ;
  • modifier votre position pour dormir. En cas d’apnée du sommeil modérée, le fait de dormir sur le côté, et non sur le dos, peut réduire de moitié le nombre d’obstructions pendant la nuit. Si vous n’y arrivez pas, il existe des dispositifs pour vous aider ; parlez-en à votre médecin.

B. Le traitement de l’apnée du sommeil par ventilation nocturne en pression positive continue (PPC ou CPAP)

L’application d’une PPC dans les voies aériennes supérieures évite le blocage de l’inspiration et prévient la survenue de l’apnée. Le débit d’air est fourni par une machine, reliée à un masque nasal par un tuyau souple. Le masque est appliqué sur le visage par un système de harnais. Si ce traitement est contraignant, il permet d’obtenir d’excellents résultats sur les symptômes en cas d’apnées du sommeil sévères.
Il existe divers appareils, masques et accessoires PPC. Votre médecin et votre fournisseur de matériel vous aideront à trouver ceux qui vous conviennent le mieux.
Malgré la contrainte que représente ce traitement, il est important de ne pas vous décourager. Avec l’aide de votre fournisseur de matériel et de votre médecin, plusieurs ajustements peuvent être nécessaires pour trouver la solution la plus confortable.
Le bon suivi du traitement est indispensable pour minimiser les conséquences de l’apnée sur la qualité de vie et la santé. Il suffit d’une nuit sans PPC pour voir réapparaître la somnolence pendant la journée.
Le traitement est remboursable au même titre qu’un médicament par l’Assurance maladie. Le médecin prescripteur doit en faire la demande et établir une entente préalable, lors de la première prescription et à chaque renouvellement.
Le remboursement est accordé à condition :

  • que l’apnée du sommeil soit sévère (indice d’apnées/hypopnées supérieur ou égal à 30) ;
  • qu’il y ait au moins dix micro-éveils par heure si l’indice d’apnées/hypopnées (IAH)est inférieur à 30.

La prise en charge doit être renouvelée chaque année. Elle est acceptée si les deux conditions suivantes sont respectées :

  • l’appareil doit être utilisé 3 heures minimum chaque nuit, sur une période de 24 heures ;
  • une efficacité du traitement doit être constatée.

C. Traitement de l’apnée du sommeil par orthèse d’avancée mandibulaire

Les propulseurs mandibulaires (ou orthèses) poussent la mâchoire inférieure en avant et empêchent la langue de se replier et de bloquer la voie aérienne. Ces appareils augmentent l’espace compris entre la base de la langue et le pharynx. Pour assurer son bon maintien, l’orthèse doit être ajustée par des praticiens dentaires spécialement formés, et la denture doit être en bon état. Elle doit être portée toutes les nuits.

Ces appareils conviennent surtout pour les apnées du sommeil de faible à moyenne gravité. Ils peuvent aussi être utilisés en cas d’apnée du sommeil sévère, après échec ou intolérance d’un traitement par pression positive continue.

La prise en charge est assurée après une entente préalable remplie par le médecin prescripteur, lors de la première prescription, et à chaque renouvellement. Le remboursement du renouvellement est accepté au bout de deux ans, après l’appareillage précédent, à condition :

  • que l’efficacité du traitement soit démontrée (amélioration des symptômes et diminution d’au moins 50 % de l’indice d’apnée/hypopnée) ;
  • que la prescription soit bien suivie.

La prise en charge d’une orthèse exclut la possibilité de la prise en charge d’un traitement par pression positive continue. En cas d’échec du traitement par orthèse, un traitement par pression positive continue peut être proposé.

D. Les traitements chirurgicaux

Les traitements chirurgicaux ne sont indiqués qu’en cas d’échec des autres traitements et sont surtout réservés à des cas particuliers, liés à des anomalies anatomiques de la sphère ORL ou maxillo-faciale.

VI. Comment bien vivre avec une apnée du sommeil ?

Si un appareil vous a été prescrit (PPC ou orthèse mandibulaire), votre apnée du sommeil ne peut s’améliorer que si vous suivez le traitement correctement, pendant toutes les nuits et pendant la sieste.

Les mesures hygiéno-dietétiques

Adoptez les différentes mesures hygiéno-diététiques qui peuvent améliorer vos symptômes.

  • Dormez sur le côté et mettez un oreiller dans votre dos pour éviter de vous retourner : cette position peut diminuer le nombre d’apnée du sommeil.
  • Perdez du poids en modifiant votre comportement alimentaire et en pratiquant une activité physique.
  • Supprimer les sédatifs (somnifères, anxiolytiques) qui provoquent un relâchement des muscles de la gorge et entraînent une diminution des voies respiratoires.
  • Adopter une bonne hygiène du sommeil : évitez les excitants en fin de journée (alcool, café, thé…), ne pratiquez pas d’exercice physique juste avant de vous coucher, réduisez la lumière et le bruit dans votre chambre, aller vous coucher à la même heure.
  •  Arrêtez de fumer : la fumée irrite les voies aériennes supérieures.

VII. Le suivi

 A. Le suivi médical

Après avoir fait le diagnostic d’apnée du sommeil, le médecin vous a prescrit une ventilation nocturne en pression positive (PPC). Cette première prescription est faite pour une durée de 5 mois à la fin desquels vous devrez le revoir. Vous ferez le point avec lui sur l’observance du traitement et son efficacité. N’hésitez pas à lui parler de tous les problèmes que vous avez rencontrés.

Si le médecin juge qu’il est nécessaire de renouveler la PPC, il vous fera alors des prescriptions renouvelables tous les ans.

B. Le suivi du matériel

L’observance du traitement par PPC conditionnant son efficacité, la première mise en place de l’appareillage est donc très importante. Le fournisseur doit vous fournir toutes les explications concernant le matériel et apprendre à vous en servir. N’hésitez pas à lui poser toutes vos questions et à le contacter si vous rencontrez des difficultés.

L’utilisation de l’appareil de ventilation comporte quelques contraintes et nécessite un apprentissage pour en réduire les désagréments. Demandez à votre fournisseur d’adapter minutieusement votre masque nasal pour qu’il couvre le nez et la bouche, sans laisser de marques de pression sur le visage, et sans fuites d’air pour éviter l’irritation des yeux. Raccordez un humidificateur à l’appareil CPAP pour éviter le dessèchement de la muqueuse nasale. Les appareils de la nouvelle génération ont un fonctionnement relativement silencieux. Changez le vôtre s’il est ancien.

Les appareils sont transportables en bagages à main et doivent vous accompagner dans tous vos voyages.

 

 

Le diagnostic se fait le plus souvent par une POLYGRAPHIE RESPIRATOIRE NOCTURNE

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