Angine de poitrine

L’angine de poitrine, c’est le cœur qui crie « au secours ! ».

Le cœur est un muscle, c’est une pompe qui fait circuler le sang dans l’organisme.

Cette pompe a besoin de carburant, son carburant c’est l’oxygène apportée au cœur par les globules rouges. Ils circulent dans les artères et composent le sang. Les artères du cœur sont appelées coronaires, car elles forment une couronne autour du cœur.

Il arrive que ces artères soient rétrécies. Le mauvais cholestérol, le diabète, le tabac, les problèmes de tension, le surpoids, la sédentarité, les gènes, l’âge et le poids sont autant de facteurs qui encrassent les artères.

Les artères encrassées gênent la circulation des globules rouges. Le cœur reçoit moins d’oxygène, il souffre. Ce manque d’oxygène se traduit par une douleur dans la poitrine : comme si vous étiez pris dans un étau. Cette douleur peut irradier dans le cou et/ou dans les bras.

L’angine de poitrine commence en règle générale pour des efforts importants.

Plus les artères s’encrassent, plus les douleurs apparaissent pour des efforts de moins en moins importants jusqu’à survenir au repos.

Imaginez que vos globules rouges sont des voitures, vos coronaires, l’autoroute du soleil.

Le cœur au repos, c’est l’autoroute du soleil en plein mois de janvier, peu de circulation sur les routes.

Le cœur à l’effort, c’est le chassé-croisé juilletistes-aoûtiens. Les globules rouges sont nombreux dans les artères coronaires, le coeur a besoin de plus de carburant, de plus d’oxygène.

Rajoutez des travaux sur l’autoroute, c’est l’artère encrassée. On passe de 3 voies de circulation à 1 seule voie. En hiver (au repos), ça n’a pas de conséquence, en été, c’est l’embouteillage, le bouchon. Il n’y a pas assez de voitures (globules rouges) qui passent, le cœur souffre à l’effort.

Cette souffrance se traduit par des anomalies sur l’électrocardiogramme (voir le test d’effort) et des anomalies de mouvement des parois du cœur (voir l’échographie d’effort ou échographie sous dobutamine).

L’angor doit faire réaliser l’un de ces tests. Si le test est anormal, un coroscanner ou une coronarographie permettra de confirmer avec certitude l’existence d’un rétrécissement coronaire et de le quantifier. On envisage alors un traitement en fonction de plusieurs paramètres. 3 types de traitements existent, ils peuvent être associés :

• traitement médicamenteux

• traitement endovasculaire (angioplastie, mise en place de stents)

• traitement chirurgical (pontage aorto-coronarien)

Le traitement médicamenteux est toujours prescrit. Quand vous ramonez votre cheminée, le problème n’est pas définitivement terminé. Vous faites encore du feu et la cheminée s’encrasse de nouveau. Le stent ou le pontage n’empêchent pas la maladie coronaire de revenir, ce sont les médicaments qui empêchent l’évolution.

Le stent est un ressort que l’on vient glisser dans l’artère au niveau du rétrécissement. Le stent est serti sur un ballon dégonflé. On gonfle le ballon au sein du rétrécissement, le stent se déploie, s’impacte dans l’artère, écrase la plaque et réouvre complètement l’artère. Le stent s’intègre à la longue dans la paroi de l’artère, on ne peut en aucun cas l’enlever. Mais on peut remettre un stent dans un stent.

Le pontage, c’est comme l’itinéraire bis sur la route des vacances. Les voitures (globules rouges) contournent les bouchons de l’autoroute. Le chirurgien cardiaque prélève une artère qui ne sert pas ou peu et la dévie pour la brancher sur l’artère coronaire malade après le rétrécissement.

Quelque soit le traitement effectué, les symptômes doivent disparaître, et la surveillance et le suivi par un cardiologue sont indispensables. Le stent ou le pontage ne guérissent pas la maladie coronaire. Une bonne hygiène de vie, une prise médicamenteuse scrupuleuse et une surveillance médicale par un cardiologue sont nécessaires pour éviter ou prévenir les récidives.