La Péricardite

La péricardite, c’est la grippe du cœur.

Dans la péricardite, le patient se plaint d’une douleur thoracique de repos.

Le cœur est contenu dans un sac, le péricarde. Ce péricarde est composé de 2 feuillets qui glissent l’un sur l’autre à chaque battement cardiaque. Il arrive que ces 2 feuillets soient le siège d’une inflammation. Irrités, ces 2 feuillets entraînent une douleur lorsqu’ils frottent l’un sur l’autre c’est-à-dire à chaque battement cardiaque.

Dans la majorité des cas, cette péricardite est causée par un virus quelconque. Ce virus a une affinité pour un péricarde, mais pas pour celui de votre voisin, ami, enfant. La péricardite n’est donc pas contagieuse. Plus rarement elle peut être causée par la tuberculose, des cancers, des maladies inflammatoires chroniques.

La péricardite est très douloureuse, très impressionnante, mais elle reste banale et dans la majorité des cas sans aucune gravité. Le principal risque est la récidive. Certains patients qui négligent leur santé, en font 5 par an, ce qui finit par être invalidant.

Il n’existe pas réellement d’examen qui permet d’affirmer le diagnostic de péricardite. On parle de diagnostic d’élimination. Une fois que le cardiologue a fait un bilan complet, permettant d’éliminer toutes les causes graves de douleur thoracique, on retient le diagnostic de péricardite.

Certains éléments peuvent orienter le cardiologue :

• Une douleur thoracique de repos, augmentée à l’inspiration profonde, augmentée allongée sur le dos, diminuée en position assise, penché vers l’avant

• Un frottement à l’auscultation cardiaque

• Des anomalies inconstantes et fugaces à l’électrocardiogramme

• Un syndrome inflammatoire à la prise de sang

Une fois retenu le diagnostic de péricardite, le traitement est simple : 3A

• Arrêt de travail

• Alitement

• Anti-inflammatoires

Le repos est primordial. Bon nombre de mes patients n’ont pu guérir complètement de leur péricardite qu’en respectant un repos strict.

L’alitement n’est pas permanent, on risque la phlébite, mais il permet d’insister sur l’importance du repos.

On commence par l’aspirine comme traitement anti-inflammatoire. A forte dose, décroissante sur 3 semaines, associée à un protecteur de l’estomac.

Un argument de plus en faveur du diagnostic est l’efficacité du traitement. On parle de traitement d’épreuve.

Quand je termine une consultation  de cardiologie, au cours de laquelle j’ai posé le diagnostic de péricardite, je précise toujours à mes patients qu’ils ne sont pas « cardiaques ». La péricardite est quelque chose de banal. Mais le repos et le traitement médicamenteux doivent être respectés à la lettre pour que le patient en soit définitivement débarrassé.