L’infarctus du myocarde

C’est le cœur qui se meurt.

L’infarctus du myocarde (et non pas l’infRactus, ou comme me l’a dit ce patient latiniste, un fractus, des fracti). Décomposons ce terme. Le myocarde, c’est le muscle cardiaque, le cœur. L’infarctus signifie que tout ou partie d’un organe n’est plus irrigué par les vaisseaux sanguins. Ainsi on peut faire un infarctus pulmonaire, splénique (de la rate) etc…

L’infarctus du myocarde est donc la conséquence d’une artère coronaire complétement bouchée. En général, cette occlusion survient brutalement. Nous avons environ 12 heures pour sauver le cœur. Toute la zone du cœur qui n’est plus irriguée est en souffrance et se meurt. Plus le bouchon est en amont, et plus la zone non irriguée est importante.

Il faut que cette artère soit débouchée le plus tôt possible (idéalement dans les 2 heures), soit en injectant dans les veines un produit pour dissoudre le bouchon (équivalent du Destop pour les lavabos), soit en allant directement mettre un stent au niveau du bouchon. Le traitement par les veines ne dispense pas de passer la coronarographie rapidement.

Ce sont les mêmes facteurs de risque que pour l’angine de poitrine qui provoque l’infarctus du myocarde : diabète, mauvais cholestérol, hypertension artérielle, tabagisme, surpoids, sédentarité, stress, âge, genre.

Le patient présente une douleur thoracique au repos, ne disparaissant pas spontanément. Le patient se sent comme pris dans un étau ou avec une sensation de poids sur la poitrine. La douleur peut irradier au cou et/ou aux bras. Cette douleur ne disparaît pas avec le spray de trinitrine, contrairement à l’angine de poitrine.

L’électrocardiogramme présente des modifications qui permettent d’affirmer le diagnostic de l’infarctus du myocarde en voie de constitution, ou bien de séquelle d’infarctus passé inaperçu.

La prise de sang révèle quant à elle des marqueurs de souffrance cardiaque, dans les heures qui suivent le début de l’infarctus.

Quelques chiffres effrayants :

• Un patient sur 2 qui fait un infarctus n’a jamais eu de signe d’alerte auparavant

• Un patient sur 2 qui fait un infarctus n’arrive pas vivant dans une structure de soins

D’où l’importance d’un dépistage, d’un suivi et d’un bon contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire.

D’où l’importance en cas de douleur thoracique spontanée, d’appeler le SAMU (15) ou de consulter rapidement un cardiologue, mais de toujours se faire accompagner.

Un patient sur 2 décède donc d’un infarctus avant d’arriver à l’hôpital. L’infarctus du myocarde entraîne donc une souffrance cardiaque, une asphyxie du cœur qui peut avoir plusieurs conséquences mortelles :

• La paroi du cœur, fragilisée par le manque d’oxygène et de nutriments, se déchire

• Le cœur fatigué ne pompe plus assez et se met en insuffisance cardiaque. Le patient présente alors un œdème aigu du poumon qui se complique d’asphyxie

• Le manque d’oxygène favorise la survenue d’arythmie ventriculaire pouvant entraîner ce que l’on appelle la mort subite.

Les conséquences ne sont pas toujours mortelles, mais elles peuvent entraîner une invalidité permanente. Les patients présentent alors une insuffisance cardiaque secondaire à une dysfonction de la zone du cœur morte à cause de l’infarctus.

Résumons :

• L’infarctus du myocarde, c’est une artère du cœur qui se bouche complètement et brutalement

• La moindre douleur thoracique qui ne cède pas toute seule au bout de 15 minutes doit faire consulter en urgence

• Mieux vaut prévenir que guérir, il est important de se faire suivre par un cardiologue si l’on a un risque cardiovasculaire élevé

• Trop de patients meurent encore d’infarctus

• Il faut déboucher l’artère bouchée le plus rapidement possible, idéalement dans les 2 heures qui suivent le début de la douleur thoracique

• La coronarographie est indispensable pour faire l’état des lieux, en urgence pour déboucher l’artère, après que l’artère à été partiellement débouchée par le Destop, une fois que le mal est fait, si l’on arrive après la bataille

• Le traitement par les médicaments est indispensable comme dans l’angor